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Hello there !

On a passé la date du cinq novembre, et j'avais envie de faire un article hors sujet qui me titille depuis longtemps : Le harcèlement scolaire.
Que dire à un enfant qui subit du harcèlement scolaire, et que faire face à ça ?
Vaste programme. Le collège est rarement un chemin de roses. J'ai été pas mal emmerdée de la primaire à la fin du collège. J'ai beaucoup ressassé ça durant des années , et j'avais envie de laisser deux trois petites choses qui me rendraient sans doute expaspérante si un ado me lit. Mais je prends le risque .

Salut mes treize ans , ça va ?
Hm pas fort hein ? Je comprends * fais un câlin façon couverture lestée * mais faut quand même que tu saches deux trois trucs.

* ça ira mieux. Oui, bon, je sais tu as envie de me gifler, mais c'est vrai. Tu vas évoluer et grandir et les horribles personnes qui te font du mal, tu vas réussir à ne plus te rappeler de leurs noms ni de quoi elles ont l'air .

* ça ne s'arrange pas tout à fait en grandissant. Ou plutôt Tu te fais une idée des adultes qui est fausse et parfois tu hallucineras en voyant à quel point les enfants semblent parfois plus intelligents et ancrés dans la réalité des choses que les adultes. La mesquinerie, les petite trahisons d'usage, les insultes et parfois les coups, on aimerait que ça ne soit pas le cas, mais ça continue à l'âge adulte. Mais on peut apprendre des trucs pour se protéger et plus tu commenceras tôt et mieux ça vaudra.

* Exaspérance 3000 : Les difficultés des fois c'est une purge, mais parfois tu seras étonnée de voir à quel point tu en sors grandie et à quel point ça peut être source de leçons qui sont utiles et précieuses .

* Les adultes sont souvent idiots, car comme disait un humoriste qui n'aurait pas survécu à Me too " Un rêve d'adolescent ne concerne les parents que lorsqu'il fait de son mieux pour devenir aussi con qu'eux." Mais parfois, tu as des surprises, en bien. Alors je ne suis pas Brigitte Macron mais quand elle dit que tu peux parler de ce que tu vis aux adultes, des fois, elle a raison.

* il y a un cliché de la nana parfaite, et ce cliché il durera toute ta vie mais ce cliché il n'existe pas. Alors oui, tu verras que les personnes typées "dans la norme" ont plus de facilité et s'en sortent souvent plus facilement, mais le mieux et le plus beau, c'est qu'il n'y a pas une féminité idéale mais des féminités, et tu peux créer la femme que tu deviendras . Si à ton âge j'avais connu Pinterest et l'encyclopédie des esthétiques et les boutiques de fringues inclusives, mais je serais devenue maboule de joie et de soulagement. Le capitalisme à mis du temps à voir que l'individualité était la nouvelle poule aux oeufs d'or et le gouffre providentiel. Sois patiente, ton style, avec d'autres chose, s'améliorera. Partout autour de toi il y a des exemples et des sources de motivation et de joie. 

* Cette histoire de se distancer de ce qu'on te dit comme insulte et comme horreurs, tu galères encore un peu aujourd'hui. Mais il y a une réalité dans ce conseil qui te frustre tant. ça marche. Les autres ont le pouvoir qu'on leur donne. C'est leur donner le pouvoir de maîtrise sur notre propre épanouissement. Attention, il y a bien évidemment des situations ou nous ne sommes en rien responsable de ce qui nous arrive. Mais je trouve que cette réflexion est saine à garder à l'esprit.

* Il ne faut pas que tu imagines que c'est plus simple pour les autres. Parfois c'est le cas, mais parfois tu n'as pas idée de ce qu'ils traversent. Des années après tes treize ans, tu apprendras qu'une camarade qui était une des plus populaires autour de toi pissait dans son lit de peur à l'idée d'affronter les gens au collège alors que toi, même si tu en prenais dans la gueule , tu arrivais à être toi même ce qu'elle ne s'était jamais autorisé. 

* Tu as des solutions avant de changer de classe, essaye de ne penser à cette voie qu'en dernier recours.  Les autres qui peuvent t'aider ne sont, et ne seront pas toujours là. Alors ce qui t'arrive, aussi épouvantable ce soit, c'est aussi, dans un certain sens, une chance que tu as d'apprendre et d'entrainer tes propres forces, car tu en as.

* Tu es souvent persuadée que tout le monde te hais et te juge, mais la vérité c'est que beaucoup de gens sont eux mêmes centrés sur leur propre difficultés. Les concernant, on ne sait jamais vraiment ce qu'on laisse comme impression chez quelqu'un. En mal ou en bien d'ailleurs.

* Je sais que tu tombes amoureuse tous les deux jours et c'est normal. Il y aura des fois ou on essaiera de t'humilier avec ça, et les gens qui cherchent à t'humilier là dessus sont des baltringues. L'amour ça n'est pas honteux. C'est, c'est tout. Si on te remballe, la personne perd quelque chose et toi tu y gagneras quelque chose de mieux que quelqu'un qui ne te correspond pas . Tu n'es pas obligé de dire de qui tu es amoureuse, parce que mine de rien, chaque fois que tu le dis à quelqu'un, tu lui donnes un peu de pouvoir là dessus. Alors prudence, hm ?

* Les podcasts, c'est la vie, écoute la radio, parce que tu as pas idée de la richesse des contenus qui sortent chaque jour et tu n'aurais pas une vie pour tout écouter. Ta grand mère avait raison d'être vissée à son transistor.

* tu gagnerais à muscler ton intuition, suffisament pour arriver à la distinguer de ta peur en tout cas. Parce que c'est elle qui va t'indiquer ton futur métier. C'est elle qui te mettra en garde, avec raison, de certaines personnes, et au plus tu ne l'écouteras pas et au plus tu ramasseras tes dents. Alors quand tu es envahie par une certitude aussi sure que 2+2=4 et que ce sentiment est aussi palpable que de l'eau sur tes doigts. Tu gagnerais peut être à écouter ce qui tambourine dans tes tripes, parce que dans ce cas là ça donne rarement du vomi.

* les choses que tu trouves si laides et si gauches en toi, il y aura des gens pour les aimer, et pour t'aimer avec tes bizarreries et tes défauts. D'ailleurs, commences à t'aimer maintenant. et je te dis pas de te faire un masque miel sucre et de te faire couler un bain chaud. Je te dis de t'aimer. T'aimer pour te rappeler chaque jour, ni pire, ni meilleure que les autres,  pour t'habiller chaque jour de façon à te plaire, pour ne pas te demander comment réagiront les pompiers si ils te retrouvent si tu meurs dans un accident, et apprends à différer l'amusement quand tu as des choses chiantes à faire mais qui seront positives sur le long terme. C'est une des formes ultimes d'amour pour soi.

* La vie n'est pas juste, c'est une réalité. Quand on ne trouve pas dans ses proches la forteresse et le refuge espéré , on peut les trouver mais en bâtissant soit même les fondations, et le plus tôt c'est le mieux.

* Tu détestes ton père parce qu'il t'a imposé de faire du latin mais ça t'offrira une culture réelle et une ouverture au monde. Arrête de te venger en bavardages et en insolences sur ta pauvre prof de latin. Tu es juste convaincue d'être trop bête pour comprendre quoi que ce soit à la grammaire latine et frustrée quand tu ne maitrises pas quelque chose immédiatement. Au fond, tu aimerais être studieuse et avoir davantage de soutien pédagogique et pratique que celui que tu as pu trouver.

* Ne sois pas convaincue d'être autrement que les autres filles. Le harcèlement scolaire peut parfois faire avoir ce genre de pensée un peu snob. Avec le temps tu verras que certaines filles qui te semblent un peu superficielles ou hautaines sont des merveilles de loyauté et de résilience. Alors range ta peur et ton égo et sois curieuse. Au pire, tu te prends un vent par quelqu'un qui ne te correspond pas. Au mieux tu gagnes des amies .  On gagne toujours à être ni hérisson ni paillasson.

* Ne renonce pas, même si tes vannes tombent à plat ou que tu te sens vulnérable. Tu vas apprendre, tu vas faire tes armes . Tu as une place dans ce monde et tu vas la trouver.

 

Je sais, ça n'est pas de l'écologie. Mais après une très longue période d'absence d'inspiration , de fatigue compassionnelle et d'un syndrôme de l'imposteur titanesque, j'avais envie d'écrire peu importe le sujet. j'ai envie de m'autoriser ce luxe. Je reviendrai bientôt mais sur l'écologie cette fois.

 

Et vous, vos 13 ans, vous auriez voulu leur dire quoi ?